• Le Projet Blackstar

    L'Exposition Blackstar est à la fois un hommage à David Bowie et à Antoine de Saint-Exupéry; elle présente une vision minérale et fantastique du Cap Corse et de New York, avec l'Atlantique pour miroir entre les deux continents. Il s'agit de grandes toiles verticales d'un même format (2m x 1m) et au nombre de trente environ (15 Cap Corse + 15 New York) pouvant être installées dans un face à face confrontant les deux sites géographiques ou dans une disposition intercalée. Ou encore selon ce que dicte la configuration du lieu d'accueil, l'effet voulu étant celui d'une immersion onirique dans une atmosphère cinématographique.
    Cette œuvre qui se positionne entre le pop art et le travail des grands maîtres du clair obscur revêt en outre une dimension ludique assortie d'une pointe d'humour : les messages cachés sont multiples, les nombreux collages qui affleurent la matière sont autant de mystères avec leurs clefs. De quoi se jouer des énigmes qui entourent le film, St-Exupéry et Bowie.
    Gary Dourdan
    Le Projet Blackstar est un concept associant le Film-Concert Blackstar avec l’ Exposition de Peinture Blackstar dont les toiles représentent les différents sites du tournage. On retrouvera les toiles dans le film auquel elles ont été incorporées pour une mise en abyme. (Majoritairement pendant la partie concert piano-voix)

    Le Film-Concert Blackstar est un long métrage traitant de la période new-yorkaise de Saint-Exupéry, des circonstances dans lesquelles il écrivit le Petit Prince chez Sylvia Hamilton -son amoureuse d'alors- à qui il confia le manuscrit complet de l'ouvrage (nous n'en connaissons que la partie publiée).
    Ce film nous emmène donc sur les traces d'un manuscrit perdu puis retrouvé. Il met aussi en résonance les doutes de deux grands artistes (Bowie et Saint-Exupéry), jetant un pont entre deux époques comme entre deux continents pour raconter une histoire d'amour et de fantômes.

    En effet, le projet s'appuie sur une enquête qui nous a permis de retrouver les deux derniers enfants encore vivants ayant rencontré Saint-Exupéry de part et d'autre de l'Atlantique : le père du réalisateur (qui partageait la maison de Saint-Exupéry dans le nord de la Corse quand ce dernier a décollé aux commandes de son avion pour trouver la mort) et le fils de Sylvia Hamilton (qui a vu s'écrire le Petit Prince et dont nous disposons du témoignage unique et exclusif).

    Pour autant, le ton et l'atmosphère du film n'en font pas un documentaire mais plutôt une œuvre poétique et pétillante. Cela est vraisemblablement dû au casting des actrices principales : trois new yorkaises à peine sorties de l'adolescence, parfois fofolles, toujours positives, jamais dupes de l'état de notre monde. Elles mènent l'enquête (un peu façon "Club des cinq"), font des trouvailles, s'en sortent avec intelligence et drôlerie, notamment quand elles interviewent Stephen Reinhardt, le fils de Sylvia Hamilton devenu un juge renommé encore en activité au moment du tournage. Elles sont aidées dans leur entreprise par l'acteur hollywoodien Gary Dourdan qui a accepté d'offrir sa participation au film.

    Il y a cependant dans la trame quelque chose de grave : nous sommes dans la période crépusculaire d'un Saint-Exupéry désespéré; les lettres poignantes qu'il envoie à Sylvia depuis la Corse en attestent. Tout aussi crépusculaire est la dernière période new-yorkaise de David Bowie dont la musique est omniprésente dans le film. Mais l'énergie et le tempérament de nos trois actrices apportent à l'ensemble une note dominante de fraîcheur.

    Pour la partie corse du tournage, les sites choisis n'ont rien de commun avec l'île de beauté telle qu'elle nous est habituellement présentée : là, c'est le cap avec ses mystères, avec encore le bruit du Lightning P38 de Saint-Exupéry, ce sont les falaises vertigineuses, les plages noires, les carrières d'amiante désaffectées.

    Le film est réalisé par Théophile Minuit (parcours d'auteur, compositeur, orchestrateur, interprète, plusieurs albums de chansons, nombreux festivals et tournées, musiques de films, génériques d'émissions, chroniqueur à France Inter). Pendant la projection, Théophile Minuit interprète plusieurs titres de David Bowie en live piano-voix .

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